AVRIL 2010
ASIE - NOUVELLE ZELANDE : LE CHOC !
Adieu moiteur, Adieu odeurs, Adieu crasse et raclements de gorge. Adieu petits prix et peaux tannés par le soleil, Adieu yeux bridés… Vous allez bien me manquer !!!
Fraichement débarquée de l'avion où j'ai pu m'affaler, tel les costardeux du business, sur les trois sièges vides à coté de moi !
Le premier choc eu lieu avant même de pointer le nez dehors : la douane !
Il faut savoir qu'en Nouvelle-Zélande, une personne étant passé par l’Asie a forcement rapporté, comme petit souvenir de voyage, des plantes exotiques et illicites ! On me soumet donc à la question et ce avec toute la bonne volonté dont ils sont capables. Après une attente interminable à observer mes prédécesseurs de file se faire interroger avec dynamisme pendant d’interminables minutes, mon tour arrive enfin…
Je me retrouve alors face à un colosse au sourire narquois, aux muscles persuasifs et à l'accent… Néo-Zélandais !
C'est limite si je on ne braque pas une lampe dans la figure en me déclamant le trop cliché « nous avons les moyens de vous faire parler ! », mais finalement, la seule phrase qui semble pouvoir sortir de la bouche de ce pauvre bougre aux allures de bourreau est « transportez vous de la drogue ? ».
Dans les premières minutes, un sourire moqueur mais néanmoins nerveux s’esquisse sur mon visage. Je me retiens de lui répondre que, oui bien sûr, j’ai dans mon sac toute une cargaison de cannabis que je compte dealer dans son pays, mais je sens bien que se serait du suicide et je serre les lèvres.
La question est répétée inlassablement, sur le même ton insistant qui me fait bien vite perdre mon sourire des premiers moments. Maintenant je serre les lèvres pour ne pas pleurer ! Je ne me sens, bien sûr, coupable de rien mais j’ai l’impression que je vais craquer et cracher le morceau… mais quel morceau ?! Ma voisine, une Chinoise qui semble avoir mentie sur l’identité de son hôte, est déjà reconduite vers un avion direction « back to China ».
Mais je résiste et c’est finalement lui qui craque le premier et me relâche après une bonne demi-heure d’un face à face des plus angoissant, avec un sourire très désagréablement gentil et presque amusé, comme si il s’agissait, depuis le début, d’un gros canular ou d’une camera cachée !
C’est donc, vacillante et tremblotante que je pars récupérer mon sac qui m’attend sur le tapis roulant depuis un temps certain. A ce moment, un gros chien patibulaire vient se jeter sur moi et commence à me renifler dans le moindre détail sous le regard satisfait de son maitre ! Ce stupide clébard croit lui aussi que j'ai de la drogue et vérifie, une dernière fois je l’espère, que j’ai dit la vérité, toute la vérité et rien que la vérité ! Il abandonne enfin, après 3 bonnes minutes de reniflement intense, et repart la queue entre les jambes !
Ca y est, je suis enfin hors de l’aéroport, libre, curieuse et exténuée !
Mais un autre obstacle m’attend bien vite : celui de l’accent. A tel point que le chauffeur du shuttle bus, ne comprenant rien à l’adresse que je lui donne, réveille mon hôte qui, en un quart de seconde, répète la même rue mais avééé l'assssent et ça passe très bien !
Sitôt dit, sitôt compris ; sitôt parti !
Sur la route, première nouvelle impression : merveilleuse odeur de fromage frais dans ce pays, paradis des moutons. Heu finalement ce serait d’avantage une odeur de crottin frais, mais qu’importe, elle m’a rappelé l’existence des clacos délectables et des bries coulants qui me semblent, aujourd’hui, possibles et ajoutent à mon bien-être !
Je suis aussi surprise par l’odeur d’eau de Cologne des premiers passants que je croise. J’avais oublié que cette odeur pouvait être si agréable après les effluves lourdes (mais que néanmoins j’adore), d’Asie.
Je loge quelques jours à Auckland, chez un couple adorables de français, qui, lors d’un tour du monde, se sont arrêtés ici et n’y sont jamais repartis !
Devrais-je m’inquiéter ? C’est ce que nous verrons !
HOCUS POCUS A ROTORUA.
A Rotorua, tout commence un peu avant la ville, dans le bus qui arrive en fin d’après midi d’Auckland, à l’heure où le soleil descend doucement pour laisser la place à l’obscurité la plus totale. Et à Rotorua, cette arrivée fait parti de la visite !
Plus on s’approche de la ville, plus la campagne est parsemée de buissons fumant tels des buissons récemment ardents !
Une odeur d’œuf pourri entre par les aérations. Pas un bruit à part celui du moteur. Pas d’oiseaux ni d’animaux. Rien que le bus qui roule maintenant presque dans le noir, avec à son bord, des passagers silencieux et sur le qui-vive. En effet, on s’apprête à tout moment, à voir surgir de derrière une montagne une sorcière sur son manche à balai. On ne serait même pas surpris de voir son voisin changé tout à coup en un mouton national.
Et oui, à Rotorua, même Harry Potter peut aller se rhabiller!
Plus loin, on peut aller visiter des sites mystérieux et étonnant qu’on appel « volcanique » pour rassurer les plus naïfs, mais il n’en n’est rien, c’est bien de sorcellerie et de surnaturel que nous parlons ! Geysers de 3 mètres, chaudrons d’eau verte émeraude, jaune vif, noire sale, poussant de « gluc glouc » effrayant tout en se soulevant dans une éructation peu avenante !
Quelques bains bouillonnant et fumant parsemés de roches orange qui se révèlent à chaque fois que la nappe de brume s’éloigne.
Une nature angoissante avec des allures de fin du monde.
Pour moi une grande première dans le domaine de l’incroyable !
LA NOUVELLE ZELANDE SANS LES PIEDS !!!!

Mail à l’adresse de ma famille,
après mes trois jours et mes 71 Km du Queen Charlotte trek;
un des 8 trecks que je souhaitais faire ici!
La suite me paraît compromise…
Bonjour à tous,
Je me permets de vous écrire à vous, très chère famille, pour vous apprendre la fin tragique de mes pieds adorés!!!
Après 3 jours de treck, seule dans les montages de NZ, dormant sous tente au milieu de forêts peuplées d’êtres mystérieux et quelques peu bruyants! Faisant bouillir mon eau pour ne pas mourir empoisonnée, marchant des km et des km dans un univers magique et sublime de fjords verts sombres semblant inondés par une eau profonde. Des collines mousseuses sortant de l’eau; un spectacle sublime mais terriblement étendu!!!! et vallonné!!!!
Je suis de retour....! Vivante, certes, (quoique!!!) mais j’ai dû, en chemin, me séparer de mes pieds!
Explication:
Premier jour; légères ampoules que, sous cette pluie qui me laisse tout juste le temps de dresser ma tente et de m’y enfermer, j’ai la flemme de soigner, et, malgré une douleur continue au tendon, je vais bien.
Deuxième jour; je sens que des choses bizarres se passent dans mes chaussures neuves achetées pour l’occasion.... je n’ose pas enlever mes godiots, de peur de ce que je vais y trouver! Par moment, je sens une ampoule qui se déchire sans prévenir provoquant une douleur affreuse et laissant s’échapper un liquide chaud et angoissant qui menace d’infecter mon pied tout entier....
Je ne peux pas faire les derniers mètres qui me séparent du lieu de couchage et quand j’enlève mes chaussettes, je manque de m’évanouir tant le spectacle est infernal! Je n’entrerai pas dans les détails pour préserver votre estomac, mais imaginez que mes deux petons, certes, loin d’êtres sublimes à la base (maman les appelle mes pieds de trisomique!) étaient couverts d’au moins 6 ampoules chacune ; protubérances transparentes ou sanguinolentes sortant de tous les côtés et laissant, par moments, s’échapper le liquide collant qui s’y trouvait!
Miam miam!
Heureusement, un couple de militaires Australiens fraîchement revenus d Afghanistan m’ont soignés, essayant de me saouler au vin NZais pour que je supporte la douleur, et en buvant aussi pour supporter le spectacle!
Je suis donc repartie le lendemain pleine de pansements divers et bourrée de médoc!
Marchant à pas de fourmis et suscitant les interrogations des randonneurs qui s’inquiétaient pour ma survie…
Mais je suis vivante!!! Et heureuse de l’être.
Malheureusement, je suis au regret de vous apprendre que mes pieds, eux, n’ont pas survécus…
Avant de rendre l’âme, ils m’ont demandé de vous embrasser tous et de vous dire qu’ils vous aimaient… (Même papa , qui les écrasait si souvent en dansant le rock! même les jumeaux , qui ont tant marcher dessus pour avancer plus vite, même Ombeline, qui, toujours si maladroite , y a fait tomber plusieurs bûches destinées au feu de Sologne…. Ils vous pardonnent…)
Voilà! Tout est dit! Et ça mérite bien une minute de silence, je crois!
…Des bisous quand même mais sans les pieds!!!!
et c’est pas demain la veille que je vais refaire un trek moi!!!!!
as-moignons!
LA NOUVELLE ZELANDE EN VRAC
Je ne l’apprends à personne; la Nouvelle-Zélande est un beau pays….
Je dirais même plus, un très beau pays….
Si je devais choisir un mot pour définir la Nouvelle-Zélande, je dirais Majestueux…
Majestueux les immenses plaines baignant dans une brume opaque au petit matin.
Majestueux les incroyables montagnes enneigées qui pointent leur sommet blanc immaculé le plus haut possible entre les nuages.
Majestueux les lacs profonds et variés prient entre de vertes collines hautes et peuplées de moutons vaporeux.
Majestueux les fjords tortueux qui soulignent si bien la relation fragile belle entre la terre et l’eau.
Majestueux les glaciers d’un bleu électrique qui dégoulinent entre deux flanc de montagne sombre.
Majestueux les côtes déchiquetées, les dauphins, otaries, pingouins, albatros qui grouillent autour du bateau, les plages de galets en camaïeux de gris….
En bref, de Wellington a Picton, de kaikoura, christchurch, Akaroua, Dunedine, Queestown, Milford, Franz Josef, Abel Tasman, à Tonagrio….
De treks en Glaciers, de farniente sur la plage avec camembert et muffins, la marche dans les villes tranquilles et calmes, de bateaux en godiots et rencontres en adieux…. Un joli tour tout en douceur ( … ou pas) qui ne vient pas démentir l’image du royaume du milieu et de la forêt des elfes!
Merci Frodon!
PROBLEME DE METEO
Oui, je l’ai dit, et je le répète, la Nouvelle-Zélande est un magnifique pays…
encore faut-il gérer la météo!
Tout a commencé un peu après la semi-guérison de mes pieds… Mes ongles de gros orteils, alors virant au bleu profond, ne me faisaient, néanmoins, plus autant souffrir que dans les premiers temps….
Je décidais donc, convaincue par la température frisant les 2 degrés, d’abandonner mes tongs, pratiques mais moches, et peu appropriées, pour retenter le coup en chaussures fermées… Après deux jours, je pouvais presque marcher sans claudiquer!
J’optais alors, après avoir vainement tentée une sortie en mer dans les Milfords sounds (fjords sublimes mais baignés sous une pluie si drue que je n’ai pas vraiment pu m’en rendre compte!) de me rendre au Franz Joseph: un glacier réputé, pour essayer la journée en crampons.
Opération crampons!
Lever au petit matin pour chercher notre équipement. Après avoir passé le pantalon imperméable, le blouson résistant à toutes intempéries, le bonnet anti-pluie, les moufles humides et les chaussures trempées, j’ai commencé à me poser des questions….
Mais nous voilà parti avant d’avoir pu nous inquiéter outre mesure.
Je me range dans l’équipe des faibles, handicap oblige! Tu parles de faibles! En 10 min nous arrivons (bien avant les forts!) au pied du glacier, pour le moment trempés seulement de notre propre sueur, après un ascension expresse et épuisante!
Vient alors le moment de chausser les crampons. Drôle de sensation…. Au moins, je passe inaperçue avec mon boitement! Mais on s’habitue et ça devient vite plutôt agréable de lancer ses plantes de pieds forts sur la glace afin de franchir des blocs impressionnants, inimaginables vus d’en bas.
On passe par des trous minuscules, rampant tant que possible. On escalade des pentes dangereuses, on se glisse dans des goulets serrés, on déjeune, on mitraille de photos et on profite de cette vue sublime, perdu au milieu d’une étendue bleu transparent d’où on s’imagine voir, gelé sous nos pieds, un dinosaure ou un écureuil tenant une grosse noisette dans son museau frigorifié!
Mais l’écureuil et le dinosaure restent cachés, et c’est la pluie qui vient nous montrer le bout de son nez! Au bout de 10 minutes, notre équipement de compét ne sert plus à rien! On est glacés, trempés, et un peu déprimés!
Heureusement il est déjà tard et nous en avons quand même bien profité!
Le plus beau trek de nouvelle Zélande!
Jusque-là, il n’y a pas mort d’homme!
Mon trip continue donc, après un Abel Tasman trek d’une journée, déjà plus réussi.
A Picton, je fais la connaissance d’un français; gentil (je ne m’appesantirais pas plus sur la description de ce Tanguy, de peur d’être méchante!) avec qui j’ai eu la bonne idée de faire le Tongario trek (réputé pour être le plus beau trek en un jour de NZ)
Après avoir visionnée les photos d une anglaise qui en revenait, je ne rêvais plus que d’une chose; découvrir cette balade fabuleuse, entre cratères, lac turquoise et roches rouge vif.
Nous voilà donc partis, à 5h du mat (afin de profiter à fond de la journée, quelle ironie!) avec le sac à dos rempli de baguette fraîche, de fromage et de sauciflard!
Sur la route, il tombe une pluie fine et délicate. Les autres randonneurs ont annulés leurs tecks, nous sommes seuls…. Mauvais signe!
On commence notre marche tranquillement, nullement alarmés par cette bruine fraîche.
Après une heure de marche, et un ciel qui ne s’éclaircit pas, je commence à grogner, mais d’avantage pour faire taire mon compagnon que pour le temps.
Puis la pluie s’accélère à mesure que nous montons, perdus maintenant dans un vent glacé qui paralyse les os. Nous arrivons sans peine en haut du cratère, ignorant les efforts dus à la marche pénible, concentrés sur notre température corporelle qui descend dangereusement aussi vite que notre enthousiasme.
Pas la peine de s’arrêter pour admirer le paysage: tout est brumeux et le froid est trop violent pour envisager une pause pic nic! On repart donc, une photo devant le lac et hop, au pas de course. La marche pour descendre n’en finit pas et je n’en peux plus. Mon ventre me fait mal, mes os et ma tête; idem et l’autre débile commence sérieusement à me taper sur le système!!!! On croise des randonneurs tout aussi déprimés que nous. Et à 13h, on est tous en bas, au parking, à attendre le car qui ne viendra pas avant 16h30!
On peut enfin sortir nos mains frigorifiées de nos poches et entamer tant bien que mal, notre baguette trempée et nos pommes déjà lavées!
Mes dents claquent encore quand le chauffeur arrive, et je n’ai qu’une envie: un vin chaud, mais sans l’autre, surtout!!!!
Et voilà, je n’aurais rien vu du plus beau trek de NZ mais au moins, mes pieds vont mieux!


























